Les déesses animistes : Le pouvoir de la nature
La communauté thaïlandaise est proche de la nature et de ses déesses. Elle dépend, de moins en moins pour les populations urbaines de plus en plus nombreuses, de la nature pour lui apporter ses moyens d’existence entre autres la nourriture et les herbes médicinales. Les thaïlandais croient que la nature est contrôlée par des déesses qui ont le pouvoir de leur accorder un bon niveau de vie en leur assurant une protection pour eux-mêmes, leur récolte et leurs animaux. Ces déesses sont la source de la fertilité de la nature.
Les croyances animistes ont précédé l’arrivée de l’hindouisme, du brahmanisme et du bouddhisme, qui n’ont pas annihilé ses croyances. Même si les thaïlandais sont très majoritairement bouddhistes, de façon très pragmatique, ils combinent animisme, bouddhisme et hindouisme.
La déesse de la terre
Cette déesse est vénérée également par les bouddhistes et les hindouistes. Elle est considérée comme la mère qui protège toute vie sur la terre. Elle observe et parfois intervient. Dans le bouddhisme on trouve son intervention auprès du Prince Siddhârta (le futur Bouddha) lorsque celui-ci méditant est menacé par l’armée de Mara (un démon). La déesse de la terre, pour le protéger, tord sa chevelure dont s’écoule des gouttes d’eau, chacune des gouttes représentant un mérite de Bouddha, en telle quantité que l’armée est ensevelie sous les flots et Bouddha sauvé.
Cette scène est très souvent représentée sur les fresques des temples mais aussi dans la statuaire où la déesse est représentée sous la statue de Bouddha méditant.
Vidéo :
C’est l’image traditionnelle de la déesse extrêmement populaire, puisqu’une statue de la déesse est parfois utilisée à l’entrée des salons de massage.
Les thaïlandais lui font des offrandes pour garantir des récoltes abondantes mais également pour s’excuser d’utiliser la terre pour cultiver ou construire.
Elle a un petit sanctuaire à Bangkok, sur l’esplanade de Sanam Luang, à l’extrémité opposée au Grand Palais.
Mae Phosop : la déesse du riz
Cette déesse réside dans le riz et garantit que le riz poussera et se conservera dans le grenier. Le riz est très important pour la subsistance des thaïlandais. C’est une plante sacrée aussi il est nécessaire de rendre hommage à Mae Phosop pour s’assurer une bonne récolte et éviter toute famine.
Bien que tombé un peu en désuétude son culte est encore vivace dans les régions agricoles où des cérémonies sont organisées aux différentes étapes de la production. La Reine Sirikit a participé au renouveau de ces cérémonies.
La déesse est représentée comme une belle femme avec des cheveux longs portant l’habit traditionnel, parée de bijoux, souvent assise les jambes repliées sous elle et portant dans sa main des épis de riz.
Elle figure dans le logo du Département pour le riz du Ministère de l’agriculture et des coopératives thaïlandaises.
Ganga : la déesse de l’eau
Son nom a pour origine le grand fleuve indien. Son culte provient d’Inde et a coexisté avec la tradition thaïlandaise relative aux esprits, dieux et déesses de la nature.
Elle est célébrée durant Loy Krathong , souvent appelé fête des lumières, mais qui est en fait la fête de l’eau et de son rôle purificateur. Les lumières sur de petits radeaux fleuris et décorés sont déposés sur l’eau pour remercier Ganga d’avoir donné l’eau. Il s’agit également de se faire pardonner pour la pollution générée par les êtres humains.
Elle est représentée par une belle femme en habit traditionnel et assise sur un crocodile.
Mae Sue : la gardienne des nouveaux nés
Mae Sue est l’esprit gardien du nouveau-né.
Quand un bébé est né Mae Sue vient pour éloigner les mauvais esprits qui tuent les bébés. Mais paradoxalement elle est considérée comme responsable des maladies des enfants de moins d’un an.
Il y a des croyances amusantes, ainsi quand un bébé pleure et n’arrive pas s’endormir on accuse Mae Sue de trop le taquiner.
Nang Kwak
Nang Kwak est un esprit bienveillant. Elle est représentée comme une belle femme portant l’habit traditionnel, assise les jambes repliées, une main reposant sur le sol, l’autre levée comme appelant le client. Elle est réputée apporter la bonne fortune en particulier l’argent.
Elle est la patronne des marchands et elle est souvent placée dans les magasins et échoppes.
Vidéo : Une amusante statue de Nang Kwak
La liste des déesses d’origine animistes vénérées en Thaïlande est loin d’être exhaustive. Les esprits étant très présents, les divinités sont un moyen de contrer leurs pouvoirs parfois maléfiques.
Je vous avais décrit un temple très spécifique à Bangkok, consacré à Tuptim (article du 8 juillet 2014) la déesse facilitant la fertilité des femmes.
Il est amusant de constater le pragmatisme des thaïlandais en matière de dieux et déesses, chacun doit pouvoir y trouver son compte et pourquoi, en l’absence de certitude, prendre le risque de mécontenter un dieu!
La série à lire :
Les déesses du Brahmanisme et de l’Hindouisme : Le suprême pouvoir des femmes
Les déesses du Boudhisme : Le pouvoir de l’intelligence
Les déesses animistes : Le pouvoir de la nature
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